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sont de Michel POURNY






Le Père Jean-Marie GUERLIN, curé de la Paroisse Notre Dame Saint-Jacques quitte ses fonctions fin août 2011. Nommé curé de la cathédrale en 1995 pour préparer la venue du Pape en 1996, il part à la fin des festivités du 8ème centenaire de la cathédrale.

Avant que chacun ne parte en vacances, dimanche 26 juin, le père Jean-Marie GUERLIN a célébré en la cathédrale en présence de tous les paroissiens, sa messe de départ. Ce fut l’occasion pour notre curé de redire lors de son homélie, tout ce qui motiva son action et ses relations avec les chrétiens de Notre Dame Saint-Jacques.

Après la célébration, nous étions tous invités à nous retrouver dans la cour du Palais du Tau, pour quelques discours et le verre de l’amitié. Jean-Luc JAISSON, Bernard PORET et Patrick DEMOUY ont chacun à leur manière, évoqué les 15 années du Père GUERLIN passées parmi nous.

Nous reproduisons ci-dessous le discours plein d’humour de Patrick DEMOUY qui nous transporte à l'inauguarton d'un vitrail lors du 9ème centenaire de la cathédrale.

A l’issue de cette cérémonie pleine de sympathie et d’amitié, une enveloppe était remise au nom des paroissiens au Père Jean-Marie GUERLIN par Alain de CARAYON.

Quelques jours plus tard, le Père Jean-Marie GUERLIN remettait à la Société des Amis de la Cathédrale un chèque de 5 400 € pour la restauration de la Grande Rose., montrant ainsi son attachement à cette cathédrale pour laquelle il s'est tant dévoué et qu'il aime. Qu'il en soit très chaleureusement remercié.

 

Le Père Jean-Marie GUERLIN, de par son rôle d'affectataire de la cathédrale, était membre de droit de la Société des Amis de la Cathédrale








 

 

 




 

 

 

 

 

 


DISCOURS PRONONCE LE 26 JUIN 2011 PAR PATRICK DEMOUY A L’OCCASION DU DEPART DU PERE JEAN-MARIE GUERLIN

A l’occasion du 9è centenaire de la cathédrale Notre-Dame de Reims, un nouveau vitrail a été inauguré le 25 juin 2111 dans la première travée du collatéral nord, au-dessus du comptoir de vente, récemment classé monument historique. Commande de la toujours active Société des Amis de la Cathédrale au peintre verrier rémois Simon Jacques, il représente les acteurs des célébrations du 8ème centenaire de l’édifice, parmi lesquels se détachent les effigies en pied de l’archevêque de l’époque, monseigneur Thierry Jordan, traité en ultraviolet, et du curé archiprêtre, le chanoine Jean-Marie Guerlin, revêtu d’une aube immaculée sur laquelle il arbore une étole pastorale rouge brodée de grappes de chardonnay, de pinot noir et de pinot meunier. A la naissance du cou, on devine un col romain, preuve évidente que l’artiste s’est inspiré d’une photo prise le 22 septembre 1996 à l’occasion de la visite de saint Jean-Paul II, car cet accessoire n’a jamais été retrouvé depuis cette date. Date mémorable s’il en est, un pape n’étant pas venu à Reims depuis le XIIè siècle. Le Père Guerlin venait juste de prendre sa charge après avoir participé à l’organisation de cette visite, motivée par le 15ème centenaire du baptême de Clovis. Quinze ans plus tard c’est avant la fin des festivités du 8ème centenaire de Notre-Dame qu’il a été autorisé à se retirer, son ministère se trouvant ainsi encadré par deux événements exceptionnels pour l’Eglise de Reims. En arrière-plan l’artiste a représenté trois lustres, puisqu’un lustre est une période cinq ans et que c’est à cette époque précisément qu’ont été restitués les lustres néogothiques de la nef.

Sur une petite table placée à gauche on peut voir une pile de livres, allusion transparente – ce qui est normal pour un vitrail – à l’origine familiale du Père Guerlin ; à la base se trouve un fort volume sur la tranche duquel on peut lire La grâce d’une cathédrale. Rappelons que cet ouvrage, désormais introuvable en dehors de quelques ventes aux enchères de prestige, atteint des sommets et que beaucoup de Rémois regrettent amèrement que leurs arrière-grands-parents n’en aient pas acquis plusieurs exemplaires quand il était abordable. Sur cette pile de livres on peut voir une maquette de l’église Saint-Jacques faisant apparaître spécialement les vitraux des bas-côtés de la nef. C’est le rappel évident des racines de Jean-Marie Guerlin, enfant de la place d’Erlon, qui affectionnait cette modeste mais vénérable église paroissiale du vieux Reims dont il avait reçu la charge – faisant mentir l’adage « nul n’est prophète en son pays » - et pour laquelle il avait réussi à mobiliser des concours généreux afin de la doter de verrières de Benoît Marq. Au pied de la table on voit comme des débris de verres acérés, aux couleurs vives et primaires qui ne sont pas sans rappeler celles des chapelles ornées par Imi Knoebel. Simon Jacques n’a pas voulu nous expliquer ce détail iconographique, nous disant seulement de nous reporter à la presse de l’époque.

Par contre il a volontiers commenté le choix de représenter le curé de la cathédrale comme un donateur portant la maquette de la Maison Notre-Dame, son œuvre majeure. La taille du vitrail permet d’apercevoir par les fenêtres une salle avec ordinateur et vidéoprojecteur du temps, un comptable jonglant avec des zéros, un architecte des monuments historiques ôtant d’un plan une toile d’araignée, un conférencier déployant un phylactère où l’on peut lire Art et Foi, des parents avec un bébé, un groupe d’enfants du catéchisme, des jeunes fiancés, une famille éplorée, un élu avec écharpe tricolore, un pompier avec un épais dossier marqué Sécurité, un pèlerin de Compostelle avec coquille et bourdon, un représentant de commerce en cartes postales, un président d’association frappé des initiales BP (sans doute Bernard Poret), des rayonnages d’archives, une cuisine équipée etc… Bref, un résumé de la lourde charge d’un curé de cathédrale qui donne une idée du dynamisme qu’il faut déployer au quotidien.

Sur le côté droit un groupe de maîtrisiens chante à pleine voix ; sur le pupitre de leur chef s’empilent des partitions où l’on distingue quelques noms de compositeurs immortels et d’autres totalement oubliés, emportés par le vent changeant des modes liturgiques. Un garnement à l’arrière-plan ouvre un missel grégorien en semblant se cacher.

Ce qui est assurément le plus réussi c’est le visage, auquel Simon Jacques a su donner un air malicieux et bienveillant, qui n’est pas sans rappeler l’Ange au Sourire et le Beau Dieu, deux des plus célèbres statues de la cathédrale, ce qui rend le sujet éminemment sympathique. Il ne regarde pas son supérieur canonique mais semble accueillir les fidèles et les visiteurs qui se pressent dans la grande église… et au comptoir. Il faut préciser toutefois que ceux qui croient discerner une auréole sont abusés par une illusion d’optique due à un réverbère de la rue du Trésor. Cela dit, les témoignages éventuels de grâces reçues par l’intermédiaire de ce bon pasteur sont à adresser sous pli cacheté à l’archevêché pour suite à donner.

Patrick DEMOUY
26 juin 2011













 

 

 

 


 

Cher Père Jean-Marie,

Tous tes paroissiens, tous tes amis et tous les amis de la cathédrale, te disent un immense merci pour tout ce que tu as fait pendant ces quinze années à leur service et au service de la paroisse Notre Dame
Saint-Jacques.

Nous espérons qu'à l'avenir tu seras encore proche de nous et proche de la cathédrale pour laquelle tu t'es tant dévoué.